Pourquoi j’ai voulu ouvrir un café dans un petit village en Ardèche ?

« Ah c’est exactement comme avant ! »

Voilà, le nouveau comptoir venait d’arriver dans la salle du bar. Il y tient sa place comme s’il avait toujours été là, d’ailleurs souvent les gens me disent « ah c’est exactement comme avant »… Alors qu’à part les murs et le carrelage au sol, il n’y a absolument plus rien de l’ancienne vie de ce bistrot. Mais tout a été fait pour que l’esprit demeure, les tables ont toutes été chinées dans les environs, elles sont toutes en formica, juste avant que cette matière ne prenne des tarifs totalement délirants sur les sites de vente. Une fois le comptoir en place, les 7 tables, les banquettes, les chaises, elles aussi en formica, le plafond tout propre avec ses lumières, nous sommes en 2019 et je commence à sérieusement penser à ouvrir. Il manque encore beaucoup de choses, une tireuse à bière en particulier, des frigos, des verres, bref tout ce qui fait la différence entre une salle de bar et sa mise en activité effective. C’est à ce moment là que je tombe sur un article qui parle d’un dispositif d’aide à la re-dynamisation du milieu rural via une subvention européenne, d’après ce que je lis, il s’agit de 700 millions d’euro qui auraient été attribués à la France. L’article précise que le pays patauge totalement dans le processus d’attribution de ces sommes énormes, depuis la calamiteuse fusion des régions en mastodontes sans tête. Les compétences qui auraient du s’occuper de re-distribuer ces subventions ont été re-localisées, et rament pour trouver leurs marques, pendant ce temps la commission européenne menace de reprendre ses billes si elles ne sont pas distribuées rapidement… c’est à dire avant 2021. Le temps presse et cela tombe bien pour moi, je cherche à en savoir plus et le réseau qui a été constitué pour cette attribution correspond bien mon projet.

Une opportunité d’aide à ne pas rater…

Ce réseau d’aides basé sur des fonds européens a pour sigle LEADER (Liaison entre Actions de Développement de l’Économie Rurale) et mon café qui n’existe pas encore pourrait bien s’inscrire dans cette volonté d’économie rurale, le village n’ayant à ce moment que deux commerces, une boulangerie-épicerie et un salon de coiffure. Je prends contact avec les représentants les plus proches du réseau Leader, on me donne un dossier à remplir, beaucoup de texte à écrire pour définir le projet, le faire correspondre à la grille de sélection du programme Leader. Je passe beaucoup de temps mais cela m’aide aussi à préciser cette idée dans mon propre esprit, le rendre plus concret, j’envoie tout ça et on me répond que c’est plutôt positif et que maintenant il va falloir passer à la constitution du vrai dossier, celui avec les chiffrages, les budgets prévisionnels et tout… Nous sommes fin 2019, je décide de prendre un peu de vacances et je pars 3 semaines au Vietnam, je reprendrai tout ça en rentrant, rien ne presse…


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